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Laballe & Défense

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Bienvenue sur Laballe & Défense, un site consacré aux Politiques de Défense ! Ce blog a été créé par Merry-Lène LABALLE, Historienne en Histoire Militaire, Études de Défense et Politiques de Sécurité Diplômée de l'Université Paul Valéry de Montpellier.

Désarmement et dissuasion nucléaire : où en sommes-nous ?

Publié par Merry-Lène LABALLE sur 18 Juillet 2011, 17:09pm

Catégories : #Défense internationale

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Du 3 au 28 mai 2010 s'est tenu à New-york, la huitième session d'examen du Traité de non-prolifération (TNP), qui fut avant tout marqué par une démarcation très nette entre les pays émergents et les Etats nucléaires. Qu'en est-il désormais ? Les initiatives de Barack Obama sur la question du désarmement nucléaire sont les bienvenues, mais restent selon moi des initiatives de façade, car la prolifération n'est à ce jour toujours pas contrôlée, mais j'y reviendrai un peu plus tard dans cet article.  

 

 

En effet, le "monde sans armes nucléaires" prôné par Barack Obama n'est pas plus sûr, même si le contraire est loin d'être vraiment sûr. Certes, aujourd'hui le monde a changé, la lutte contre la prolifération n'a pas atteint ses objectifs, de nouvelles puissances nucléaires sont apparues (Corée du Nord, Iran), et l'émergence de la menace d'un terrorisme nucléaire est à mon sens une préoccupation réelle à prendre sérieusement en considération. Dans un tel contexte, je pense que la dissémination des armes nucléaires ne serait plus un facteur de stabilisation comme la dissuasion a pu l'être dans le passé, mais un facteur d'insécurité et une menace sérieuse pour la paix.

 

  

Soyons réaliste, un monde sans nucléaire (même si cela serait bien évidemment souhaitable) est totalement utopique ! Et le "désarmement par l'exemple", prôné par Obama, après la signature du nouveau traité Start (accord de limitation de leurs arsenaux stratégiques) avec la Russie, à la veille de la conférence d'examen du TNP ne suffira pas. Il nous faudra pourtant progresser sur la voie du désarmement. Notons quand même que la France a toujours été un élève exemplaire dans ce domaine, et par conséquent nous n'avons aucunes leçons à recevoir de quiconque (réduction d'un tiers du nombre de nos sous-marins lanceurs d'engins (SNLE), du volume de nos forces aériennes stratégiques, et enfin diminution à 300 le nombre de nos têtes nucléaires).

 

 

 Aussi, sans la mise en place d'un véritable système multilatéral efficace de contrôle de la prolifération, d'un système de transparence et de nouveaux engagements internationaux, envisagé un seul instant un monde sans nucléaire dès maintenant, mettrait incontestablement en péril la paix mondiale. C'est la raison pour laquelle, selon moi, la France doit donc maintenir une véritable dissuasion autonome, car pour assurer sa sécurité et la protection de ses intérêts vitaux, elle aura besoin de sa dissuasion pour jouer son rôle dans la sécurité de l'Europe. Le concept de dissuasion est ainsi valable, et il bien que ce dernier ait été réaffirmé dans le Livre Blanc, contenu des menaces existantes. 

  

  

En dépit des enjeux stratégiques qui nous attendent, rompre d'or et déjà avec une politique qui, depuis la fin de la Guerre froide, se caractérisait par des mesures de désarmement et le souci d'une plus grande légitimation de notre posture nucléaire, serait une erreur fondamentale de notre part. Nous devons rester attacher aux fondements gaullistes ! (dissuasion, indépendance de la France ..)

  

 

 

L'avenir de la dissuasion française:

 

La prolifération des armes nucléaires constitue une menace contre la paix puisqu'elle est source de tension au niveau régional, depuis 1998, l'Inde et le Pakistan s'affirment comme des puissances nucléaires, Israël qui a implicitement reconnu détenir des armes nucléaires ne respecte pas la discipline collective, et l'Iran et la Corée du Nord malgré des mises en garde et des sanctions, poursuivent leur marche vers la bombe. Prenons conscience que le développement de nouvelles forces nucléaires augmente considérablement le niveau de la menace intentionnelle. Les défis de la prolifération sont donc de taille ! 

  

 

 

Dans un tel contexte, la France a donc un rôle important à jouer dans l'émergence de nouvelles initiatives et de proposer un compromis entre les cinq grandes puissances nucléaires (pas de nouveaux essais, pas de nouvelles armes et pas d'autres missions que la dissuasion, rendre plus contraignants le code de conduite contre la prolifération des missiles balistiques, développer des dispositifs permanents de vérification des stoks d'armes nucléaires, mettre en place un moratoire généralisé de la fabrication de matières fissiles militaires).

 

 

Vous l'aurez compris, il y a donc urgence à relancer le débat stratégique avec nos partenaires européens sur les grands équipements qui conditionnent l'autonomie stratégique de l'Union et de sa défense future (définition des équipements stratégiques, établir une doctrine stratégique européenne, consolidation politique et institutionnelle de l'Europe).

 

 

Afin de faire face à l'affaissement de la position stratégique des européens et parallélement à l'essort de la prolifération balistique au Moyen-Orient, en Asie et en Extrême-Orient, il nous faudra encourager une concertation sur les points de doctrine et sur les coopérations techniques, développer avec les Britanniques des échanges sur la simulation, la propulsion nucléaire, la formation des équipages. Aussi, l'affirmation selon laquelle la dissuasion française assure la protection de l'Europe doit être soutenue et confirmer par nos partenaires.

 

 

 

En somme, l'avenir de notre dissuasion ne trouvera de sens et de moyens qu'au niveau européen et dans un cadre européen en investissant massivement dans de nouveaux programmes stratégiques.

 

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