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Laballe & Défense

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Bienvenue sur Laballe & Défense, un site consacré aux Politiques de Défense ! Ce blog a été créé par Merry-Lène LABALLE, Historienne en Histoire Militaire, Études de Défense et Politiques de Sécurité Diplômée de l'Université Paul Valéry de Montpellier.

Chasseurs/Drones armés : Une complémentarité (hautement) stratégique

Publié par Merry-Lène LABALLE sur 10 Août 2017, 10:28am

Catégories : #Défense nationale, #Défense européenne

L'emploi de drones est devenu commun au sein des armées françaises. MQ-9 Reaper, Patroller, Drogen, Spy'Ranger sont autant de drones employés dans le cadre des opérations extérieures. 

Aussi, la problématique de l'armement des drones en France ne fait plus vraiment débat. La question est désormais de savoir à quel horizon nos armées disposeront de plateformes autonomes armées. Autrement dit, pour accroitre l'efficacité de ses forces sur le terrain, la France a (enfin) compris qu'il était urgent de lever le tabou des drones armés.

En attendant le développement d'un drone MALE (Moyenne altitude, longue endurance) européen, dont le programme pourrait être lancé en 2018 (et représente un enjeu important pour la souveraineté des Etats européens et leur industrie), la France pourrait armer ses Reaper achetés "sur étagère" aux Etats-Unis (dont 5 exemplaires sont actuellement déployés au Sahel).   

Un récent rapport sénatorial a également conforté cette position : "Actuellement, dans le cas français, les armées de terre et de l'air ainsi que les forces spéciales mettent en oeuvre plusieurs types de drones. À terme, la marine nationale pourrait également en être dotée. Pourtant, la France et l'Europe sont en retard. En 2013, ce sont des drones américains qui ont été achetés en urgence après plusieurs années d'atermoiements. Absence d'indépendance et de constitution d'une filière européenne de drones sont les conséquences inévitables de ce choix. Ce rapport vise à tirer une sonnette d'alarme : la mise en place d'une filière industrielle française et européenne de drones MALE est urgente. Aujourd'hui, des projets européens existent et doivent être soutenus avec détermination. Par ailleurs, le rapport prend position pour l'armement des drones MALE dans l'armée française".

Rappelons que les Etats-Unis et Israël ont été précurseurs dans le domaine, suivis du Royaume-Uni. En Europe, L'Italie a aussi obtenu en 2015 l'autorisation des Etats-Unis d'armer ses drones américains Reaper. D'autres pays en sont équipés ou envisagent de le faire, de la Chine à l'Asie centrale.  

Ce rapport préconise, entre autres, d'améliorer les capacités du Reaper livrés à la France (en le dotant notamment de moyens de surveillance électromagnétiques et d'imagerie haute définition). Mais aussi, l'affranchissement progressif de nos armées de la "tutelle" des Etats-Unis qui imposent une maintenance américaine sur les Reaper français et gardent un droit de regard sur toute nouvelle zone éventuelle de déploiement au-delà du Sahel. 
 
Il semble déjà assurer que le drone de combat qui pourrait naître du programme Scaf sera armé (une bonne nouvelle pour nos soldats !). Un drone armé peut, en effet, permettre une intervention rapide en fonctions de l'évolution d'une situation au sol. Notons par ailleurs, que le démonstrateur Neuron a démontré sa capacité à emporter et larguer de l'armement
 
Sur le plus long terme, la question sera le degré d'autonomie des drones, mais l'armée de l'Air a plusieurs fois assuré vouloir garder une place importante de l'homme dans la mise en oeuvre des drones. 
 
Petite parenthèse, la Marine nationale n'emploie pas encore de drones aériens de manière opérationnelle. Néanmoins, il existe un vrai intérêt des marins français pour des véhicules autonomes afin d'accroitre leur capacité de recueil de renseignements.
 
Depuis 2012, elle embarque à bord du patrouilleur de haute mer "L'Adroit", un drone S-100 (dénommé Serval dans la Marine). Ce drone à voilure tournante est utilisé pour étudier l'intégration physique d'un drone à bord du bâtiment. La Marine nationale s'intéresse à deux types de drone : une machine pouvant opérer depuis une frégate et un drone plus petit pouvant être embarqué sur les patrouilleurs. 
 
En somme, il est évident que le drone ne devrait pas remplacer le chasseur. En revanche, il sera un élément du système de combat aérien futur dessiné par l'armée de l'Air. Ce système sera global et constitué d'un réseau interopérable de systèmes d'armes. Dans ce cadre, chasseurs et drones pourront être amenés à collaborer avec d'autres systèmes. A suivre !
 
 
 
Photo : Un drone Reaper en mission
Chasseurs/Drones armés : Une complémentarité (hautement) stratégique

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