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Laballe & Défense

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Bienvenue sur Laballe & Défense, un site consacré aux Politiques de Défense ! Ce blog a été créé par Merry-Lène LABALLE, Historienne en Histoire Militaire, Études de Défense et Politiques de Sécurité Diplômée de l'Université Paul Valéry de Montpellier.

De la nécessité d'un deuxième porte-avions

Publié par Merry-Lène LABALLE sur 10 Novembre 2016, 18:17pm

Catégories : #Défense européenne

Comme annoncé, à la mi-décembre, le porte-avions Charles de Gaulle (24 Rafale) quittera le dispositif de l’opération Chammal. Par la suite, il sera indisponible pendant 18 mois en raison de son second arrêt technique majeur. Le problème étant qu’il n’est pas certain que les opérations visant à chasser Daech de ses bastions de Mossoul et de Raqqa soient terminées d’ici là.

La question fut déjà abordée en 2007, renvoyée ensuite à la Loi de Programmation Militaire (LPM) 2014-2019, laquelle l’écarta de nouveau y compris dans sa version actualisée. Nous devons être fiers d’avoir un porte-avions opérationnel tel qu’il est aujourd’hui et qui mène des actions régulières.

Mais, compte tenu de l’instabilité géopolitique actuelle, la construction d’un deuxième porte-avions, de sorte que l’une des «plates-formes» soit en permanence à la mer, est une nécessité. Cela permettrait également  d’augmenter la capacité de la France à gérer des crises et à se projeter au Moyen-Orient comme sur d’autres théâtres.

Le porte-avions est incontestablement un moyen de puissance et de contribution spécifique aux opérations. Il confère la suprématie maritime et la supériorité aérienne à l’État capable de déployer un groupe aéronaval. L’aviation embarquée lui permet de projeter sa puissance. Au plan politico-diplomatique, il permet ainsi à l’État de disposer de moyens afin de participer de manière décisive à une coalition internationale et voir accroître son poids géopolitique.

Force est de constater que les États européens sont largement démunis. A l’instar de l’Espagne ou de l’Italie, certains ont investi dans des porte-aéronefs, un type hybride de bâtiment à mi-chemin entre le porte-hélicoptères et le porte-avions, mais qui ne représente pas le même capital de puissance. De plus, les appareils embarqués sur les porte-aéronefs ont une capacité d’emport inférieure à celle des porte-avions.

Dans un contexte de durcissement de l’environnement stratégique de l’Europe, face à l’accroissement des capacités navales des puissances dites « émergentes », à la montée des stratégies anti-accès visant à interdire l’ouverture vers des espaces maritimes (mer Noire et Méditerranée orientale), l’acquisition d’un nouvel porte-avions apparaît donc évidente.

Ainsi, l’Europe disposerait en permanence d’un groupe aéronaval. Elle aurait la capacité d’imposer le respect de ses intérêts sur l’océan mondial et pèserait dans les équilibres planétaires.

De la nécessité d'un deuxième porte-avions
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